Agile Scrum Master Team

La malheureuse histoire du second Scrum Master

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Je voudrais éclaircir un point concernant le rôle du Scrum Master. Parfois on m’a demandé mon avis sur des SM qualifiés de “mauvais”, d’autres de “bons”, et j’ai découvert un effet récurrent qui nous pousse à mettre trop d’exigence derrière ce rôle.

La malheureuse histoire du second Scrum Master

Dans les équipes qui démarrent en agile, le choix du Scrum Master se porte souvent vers la personne qui a le plus d’influence sociale. Ses coéquipiers sont habitués à le voir dépanner des problèmes, les gens l’appellent souvent à l’aide ; son nom vient comme un choix naturel lorsqu’il s’agit de trouver un M. Résoud-les-problèmes. Dans notre cas, appelons-le Jean.
L’équipe se repose sur lui pour la plupart des interactions avec le reste de l’entreprise (les autres équipes de dev, l’exploitation, voire le reporting aux instances supérieures). Jean serait le “bon Scrum Master”.

Puis vient un nouveau projet, une nouvelle équipe, un nouveau Scrum Master, appelons-le Kevin. A son tour, on le charge d’assurer les interactions externes, avec pour instructions : “le Scrum Master assure la communication de l’équipe“, voire même “il protège l’équipe des interactions extérieures“. Seulement le jeune homme est moins influent que son prédécesseur, il n’a pas les réseaux, moins de légitimité, et moins de talent relationnel. Au départ il est un peu dérouté. Puis débordé. Tout passe par lui mais Kevin n’a pas le temps ; parfois, il se montre maladroit. Il devient un frein à la communication extérieure. On le compare. On commence à le désigner comme un “mauvais Scrum Master”.

Le talent ne peut être une règle

Polariser les relations entre l’équipe et son environnement sur une seule personne en fait presque toujours un goulet d’étranglement… Sauf pour quelqu’un de très talentueux sur le relationnel, comme Jean.
Ce talent, c’est un coup de chance. On ne peut construire une pratique standard dessus, applicable par toute équipe. La définition en agile du rôle de Scrum Master est plus simple : c’est un facilitateur, il est responsable de l’amélioration continue de l’équipe. Chacun le décline à sa manière, apporte sa touche personnelle, et compose avec ses autres rôles (développeur, chef de projet, business analyst, etc.). Jean utilisait beaucoup la communication, Kevin fera autre chose.
Je ne sais pas si Kevin est bon ou mauvais, mais je pense que si on lui lâche un peu la grappe avec son prédécesseur, il pourra sûrement exprimer ses propres talents.

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