Agile Process

Peut-on faire un break pour stabiliser le logiciel ?

0 Flares 0 Flares ×

“On a besoin d’une semaine pour stabiliser ce qu’on a déjà développé, on peut interrompre les itérations et reprendre dans une semaine ?”
Et voilà : l’équipe a laissé trainer quelques bugs graphiques, a ignoré des dysfonctionnements en intégration pour valider quand même. En un mot comme en cent : ils ont voulu avancer vite et fait des compromis avec la qualité. Aujourd’hui, revenir à une situation “propre” demanderait du temps, un temps précieux alors que tenir les prochains jalons est déjà tendu.
Ca arrive à tout le monde, aussi bien intentionné et agiliste soit-il.

Parvenu à ce stade, l’équipe m’a demandé l’autre jour : “est-ce qu’on pourrait faire une pause dans les itérations pour finaliser les fonctionnalités où il manquait deux-trois petzouilles… corriger quelques bugs…  stabiliser le logiciel… enfin, tu vois, quoi, rattraper le coup ? Mais juste une semaine, après on reprend les itérations, promis !”

Ne touchez pas au rythme des itérations
Pas de break.
Les itérations fixes permettent de mesurer votre vitesse de développement (la vélocité), c’est un indicateur de base pour piloter le projet (=quand est-ce qu’on peut livrer quoi). Si on met en pause les itérations, on arrête le chrono pour fignoler : on triche avec l’indicateur ; et dès lors l’indicateur ne sert plus à rien.
La vitesse de développement n’est pas pas la vitesse où on crache du code, mais celle que l’équipe prend pour livrer des fonctionnalités finies, fignolées, impecs, nickel, prêtes pour la production. Pour reprendre l’ellipse, des fonctionnalités “stabilisées”.

Si l’équipe stabilise le soft alors qu’elle continue à mesurer sa vélocité, elle constatera une avance moins rapide, mais ce sera sa vitesse réelle : stabilisation comprise, le projet est plus lent qu’on ose le dire. Evidemment, cela demande du courage, mais c’est le rôle d’un indicateur : montrer tout haut ce qu’on a pas le courage de se dire.

Résumé philosophique : l’itération c’est la vie, et la vie ne vous attend pas.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *