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Un sandwich à 50€

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Cette chose m’a fait réaliser l’importance du contexte dans la valeur d’un produit :

C’est un sandwitch Adria Ailines. J’aurai dû mettre une mesure à côté pour qu’on voit la taille. Il faut savoir que les couleurs sont là à titre de signalétique : rose comme si c’était du jambon, jaune comme du cheddar, et le beige, c’est pour faire penser à du pain. En bouche, tout ça est un peu comme des dérivés de plastique, le fleuron de l’industrie pétro-alimentaire.

La différence entre un billet Adria Airlines et Air France vaut environ 50€, si on s’y prend 15 jours à l’avance. La question, c’est : est-ce que ça les vaut ?

En mastiquant cette première bouchée  j’ai réalisé que là, tout de suite, j’aurai payé la différence.

Les voyages sont souvent des moments à part dans la vie. Des moments de transitions et de recul. On se transporte entre deux climats, parfois deux horaires, souvent deux cultures. Autre langage, autre meurs, commander à manger, router un taxi, autant de petites épreuves nous attendent et on le sait.

L’avion nous isole.

Les fauteuils lilliputiens nous défient de sortir le macbook, pas de téléphone à 10km d’altitude : tout nous aide à prendre du temps. Les voisins sont tranquilles, les longues procédures de sécurité au sol ayant fait capituler toute velléité perturbatrice ; nous sommes au sein d’un troupeau de moutons dociles, ce qui est assez positif pour méditer. Le temps n’est pas linéaire, et les minutes en avion sont rares et précieuses, on aura rarement autant de tranquillité, qu’entre le décollage et l’atterrissage.

Il se trouve que j’ai pas mal bougé pour le Rotaract au cours des deux dernières années, des week-ends forts, notamment cette dernière année ou je faisais partie de l’équipe d’animation Europe. J’avais un défi en plus : essayer un nouveau poste pour ce type d’organisation : le coach d’équipe (celui qui m’a mené au thème de la Pilule Rouge). Bref, des jours où on met les tripes, où on essaye de changer les choses, on oublie ses doutes, on fonce, on prend sur soi, on ne lâche rien, pas une minute, des teufs nocturnes jusqu’aux animations matinales. On met tout ce qu’on a.

Au vol aller, j’avais le trac, je sentais que je lâchais les futilités professionnelles pour les vrais défis, ceux qui ont du sens. Au vol retour, c’était la phase de reflux, pleine amplitude. C’était un sentiment d’accomplissement, pas encore le bilan mais au moins l’impression d’être connecté au sens de ma vie, cette espèce de sérénité d’avoir fait ce que j’ai pu du mieux que j’ai pu et que j’y peux plus rien, quelque qu’en soit le résultat. Et la fatigue s’en mêle, parce qu’un week-end Rotaract c’est énergique pour les animateurs : briefing + animation + networking + teuf.

Ces instants suspendus étaient comme un sanctuaire pour faire le point sur ma vie, savourer une victoire ou encaisser un échec, ressentir qui compte et qu’est-ce qui compte… ce genre de choses. C’étaient des instants rares à des moments rares.

À ces moments précis, le chuintement d’un sandwich lyophilisé, l’absence de goût, le côté bêtement fonctionnel, la portion chiche, provoque en moi une sensation de trahison. Un vrai déséquilibre avec l’instant présent

À la place, un petit repas correct, chaud, servi avec un sourire et un verre de vin, tout ça sans fausse note, ça vaut… 50€. Au bas mot. Les week-ends suivant, plus de low cost.

One comment

  1. Bon, 50 euros le sandwich, malgre ce que tu dis, ca me parait un peu cher.
    Je prefere mettre le prix dans le restau d’apres/d’avant voyage. Quitte a laisser le sandwich a mon voisin qui lui a tres faim.
    Question : quelle etait la duree du voyage ? Perso, ca change pas mal sur mon choix du low cost ou non.

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